C’est bien de manger du poisson ?

Pourquoi manger du poisson ?

Parce que j’aime le goût du poisson, c’est léger, rapide à préparer, je le digère bien. Ma maman disait que c’était bon pour le cerveau à cause du phosphore ! Chez nous, on mangeait du poisson tous les vendredis. C’était le jour d’arrivage du poisson fraîchement pêché. Maquereaux, harengs, sardines, anchois, éperlans, étaient courants, ainsi que cabillaud, filets de lieu, limandes et soles. On se régalait des petits poissons en friture qu’on avait le droit de manger avec les doigts !. Les plus gros poissons étaient cuits à la poêle ou au four. Il y avait souvent des merluchons à la chair si délicate. Ils étaient pochés dans un court-bouillon : plongés dans l’eau bouillante, on arrêtait le feu et les laissait refroidir dans le fait-tout avant de les consommer tièdes avec une petite mayonnaise maison. Un délice !

Oui, manger du poisson c’est bien, c’est bon pour la santé. Encore faut-il dire :

Quels bienfaits apporte le poisson ?

Les protéines de poisson comme celles des fruits de mer, sont proches de celles de la viande, mais la chair est beaucoup moins grasse.

Les poissons dits « gras » sont une source importante d’oméga3 qui intervient dans la protection cardiovasculaire et le développement neuronal (cerveau, système nerveux, vision).

Quel est le point de vue nutritionnel sur le poisson ?

Le poisson apporte principalement des vitamines, A, D, E, B6, B12, des minéraux et des oligo-éléments : potassium, phosphore, sélénium, iode, fer, zinc. Ces éléments sont quantitativement les plus importants, bien que d’autres vitamines, minéraux et oligo-éléments soient présents en moindre quantité.

Les gras utiles (acides gras oméga3 à longue chaîne) présents dans tous les poissons mais surtout dans ceux qui sont dits « gras », sont en quantités inégales dans la chair ou sous la peau, selon l’espèce et aussi selon la provenance, sauvage ou d’élevage.

Pour les animaux d’élevage, la proportion d’acides gras dépend de l’aliment qui leur est donné : on ajoute en effet des huiles végétales aux farines de poisson pour obtenir le meilleur indice de consommation (c’est la quantité de nourriture apportée par rapport à la quantité de viande obtenue). Les farines proviennent de pêches minotières. Ce sont des pêches intensives de petits poissons destinés à la fabrication de farines pour l’élevage de poissons de meilleures valeurs ajoutées. Pour que la qualité des poissons d’élevage se rapproche le plus possible des poissons sauvages, on ajoute en fin d’élevage de l’huile de poisson (produit plutôt rare et cher), dans leur nourriture afin d’obtenir une bonne teneur en oméga 3.

Est-ce que tous les poissons sont bons pour nous ?

A priori, un poisson élevé ou pêché dans des eaux propres et sans pollution est sain à manger. De telles eaux deviennent rarissimes.

Du fait du développement de l’activité humaine, les eaux de vie ou d’élevage sont attentivement surveillées et font l’objet de prélèvements qui permettent de vérifier leur degré de pollution.

On arrive à une sorte de statu quo : la pollution zéro n’existe pas, alors on démultiplie les risques en consommant des poissons et coquillages de diverses provenances. Cela évite d’accumuler dans le corps le même polluant. Il faut le répéter : est à risques, la personne qui mange toujours les mêmes poissons provenant des mêmes zones de pêches ou d’élevages. C’est dû au fait de l’accumulation dans le corps des mêmes polluants provenant des mêmes aliments consommés régulièrement. 

En aparté, la question se pose bien sûr pour tout aliment, qu’il soit d’origine animale ou végétale.

Tout le monde peut-il manger du poisson ?

Il existe une allergie au poisson, qui provoque des réactions violentes chez les personnes qui en souffrent, et qui leur interdit le moindre contact sous peine de choc anaphylactique.

Mais, en dehors de ces cas particuliers, la plupart des gens peuvent consommer du poisson deux fois par semaine en variant nature et provenance. Il est préconisé d’alterner 1 poisson gras et 1 poisson maigre par semaine.

La liste des produits chimiques ou organiques polluants des mers est longue. Pour en savoir plus, cliquez sur les liens en bas de l’article, vous pourrez lire en détail le rapport de l’ANSES sur les « consommations des poissons, mollusques et crustacés : aspects nutritionnels et sanitaires pour l’Homme » 

Un exemple de polluant chimique : le Méthylmercure, MeHg, est un des risques les plus importants pour les femmes enceintes ainsi que pour les petits enfants.

Le mercure est naturellement présent sur le sol et dans les eaux ; la méthylation du mercure, dit l’ANSES peut se produire dans les sédiments en zone anaérobie. Le MeHg est ensuite consommé par le phytoplancton, puis le zooplancton, et ainsi de suite pour arriver en bout de la chaîne alimentaire dans les gros prédateurs. En France, le risque d’atteinte neuronale due au MeHg est très limité, mais il est recommandé aux femmes, enceintes ou qui allaitent, et aux jeunes enfants, de limiter leur consommation de gros prédateurs par précaution. Par contre, « certaines populations non métropolitaines, comme la population amérindienne de Guyane, peuvent se trouver dans des situations d’exposition au MeHg beaucoup plus élevées compte tenu de l’existence de pollutions d’origine anthropique importantes (orpaillage par exemple) et de leur régime alimentaire essentiellement composé de poissons. »

Des analyses des chairs de poissons sont effectuées très régulièrement sur la présence des contaminants de toutes sortes.

La meilleure conduite à tenir est de varier les espèces consommées, poissons et coquillages, ainsi que les provenances. Les produits de la mer surgelés ainsi que les conserves peuvent aider à obtenir cette variété de poissons et de fruits de mer nécessaire à une bonne santé.

https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2006sa0035Ra.pdf

https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2008sa0123.pdf

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Image : By Noémie Scherer (Own work) [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons